Voici
un album qui a bien failli se transformer en Arlésienne. Grâce
aux efforts du label Hermétique (Propergol, Post-Scriptum),
'Flexible response' sort enfin pour le plaisir des amateurs
d'industriel old school, essentiellement noise mais arrangé
comme un album d'ambient particulier et très prenant.
Imaginez-vous
perdus dans de labyrinthiques structures métalliques, éventrées
par des guerres civiles, martyrisées par l'usage d'armes atomiques
et bactériologiques. Ce que furent ces cités fait désormais
partie d'un passé qu'il serait vain de tenter de reconstituer
ici. A la recherche d'un sud qui se voudrait plus rassurant
('Hidden south'), les fous qui ont daigné survivre à la pire
des horreurs se souviennent des immeubles d'ambre qui d'un
clignement d'yeux furent réduit en cendres ('Embers, then
ashes'). Il fallait bien un bouc émissaire à tout ceci ('Scapegoat'),
manipulé par la démence d'un pays aveuglé par ses dirigeants
('America's new war') dans sa quête d'éradication d'un mythe
menaçant ('Arkan').
La résistance
était futile mais déterminée malgré tout, tel un écho de conflits
lointains ('We shall never surrender'), tandis que les forces
d'annihilation avançaient sur les terres dévastées, sonnant
le glas d'une humanité déjà à l'agonie ('Task force alpha').
L'étape suivante serait de placer sous contrôle les séditieux,
ceux qui furent déclarés ennemis et se comportèrent en tant
que tel ('Neuroleptique', 'Sworn enemies').
Les thèmes
de l'isolement et de la manipulation mentale traversent ce
'Flexible response' riche en textures et nappes, intelligemment
assorti de drones et autre saturation qui attaquent les neurones
tout en gardant un aspect suffisamment ambient pour ne pas
détruire complètement l'activité sensorielle. Les visuels
d'accompagnement sont tout simplement superbes et cohérents,
effet de bande-son pour film post-apocalyptique oblige. Le
problème, finalement, c'est que ce film pourrait bien être
prémonitoire...
Album
fortement conseillé ! - note : 5/6